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Le patrimoine bâti : granges et cabanes de bergers

Crédit Photo: CDT 64

INTRODUCTION

Les pâturages identifient le paysage de la montagne basque. Ils sont le résultat de défrichages effectués en des temps immémoriaux et concourent au maintien de l’activité agricole de la région. A ces vastes espaces entretenus par le bétail et par la pratique de l’écobuage, sont associés un patrimoine bâti caractéristique: les granges et cabanes de bergers.

CARACTERISTIQUES

Deux sortes de pâturages et le bâti associé :

-         Pâturages de proximité : juste au-dessus du village ou de la ferme. On y trouve les landes composées d’herbe, fougères, ajoncs et leurs granges avec enclos à bétail et/ou pacages extensifs.

Sur les pâturages de proximité, on trouve les granges qui, soit accueillent exclusivement des animaux, soit combinent deux fonctions : stockage du foin et abri pour brebis. A l’origine, ce sont des bâtiments de pierres sèches à couverture de lauzes dans la partie occidentale de la région et à couverture de bardeaux dans la partie orientale. Aujourd’hui, les granges utilisées sont couvertes, le plus souvent, de tôles ondulées. Ce type d’abri se rencontre de l’Océan à la Soule.

-         Pâturages d’altitude éloignés de la ferme : les estives, royaume de l’herbe et de la forêt. C’est ici que l’on trouve les cabanes de bergers appelées cayolar, olha, etxola ou borda.

C’est sur les estives que se situent les cabanes de bergers : ce sont des lieux de vie et de travail pour l’homme.

Le cayolar d’hier se composait d’une pièce unique. Sa superficie variait suivant le nombre d’occupants et le mode d’utilisation. Le cayolar Ütürxarra en Soule d’une superficie de 40 m2 comportait par exemple trois parties : l’entrée avec le foyer et les casiers de rangement des effets personnels, le bas-flanc ou couchage pour sept bergers et le saloir. Plus on allait vers l’ouest de smontagnes basque, plus la superficie des cayolars diminuait. En vallée de Baigorri,  Ttipitxo etxola par exemple, avait une superficie de 10 m2 seulement. Dans ce dernier cas, le cayolar, appartenant à un unique berger, se limitait au foyer et au bas-flanc. Le saloir n’existait pas. Les murs du cayolar étaient construits en pierre sèche ; le toit, à deux pans, était couvert de bardeaux taillés à la hache.

Le cayolar s'est peu a  peu modernisé et adapté aux besoins des bergers et de leur famille pour offrir aujourd'hui plus de confort (toits surélevés, eau, électricité, utilisation de l'énéergie solaire) et des outils de travail adapté comme les salles de traite et de traite mobile.

 

GESTION

D’après Claude Dendaletche, les premiers éleveurs ont utilisé les abris sous roche qui « isolent des intempéries mais surtout la masse minérale sépare des puissances d’en haut : orage, tonnerre, grêle, pluie… L’imprévu ne peut venir que de l’avant. Lorsque l’homme prend confiance, qu’il apprivoise les puissances d’en haut et maîtrise les techniques de construction en pierre, il se met à  élever des cabanes."

Le bâti ancien a généralement été construit :

-         sur une courbe de niveau ou une ligne de pente ;

-         en lisière de forêt sauf sur la partie occidentale du massif ;

-         près d’un ruisseau ou d’une source le plus souvent ;

-         proche d’une zone d’estive où pousse une herbe de bonne qualité.

 

Les cayolars isolés sont en majorité. Cependant en Cize, il existe des quartiers de cabanes (Arte).

Les rochers, le terrain accidenté sont mis à profit. Après le choix du lieu d’implantation, la pierre pour élever les murs et celle destinée à la couverture (les lauzes à l’ouest) est extraite sur le site ; le bois de hêtre, en général, destiné aux aménagements intérieurs, à la charpente et à la couverture (les bardeaux à l’est) est tiré de la forêt toute proche.

Le bâtiment est élevé en petit ou grand appareil de pierre sèche combiné ou non à un mortier de terre et de sable. L’unique porte d’entrée détermine la façade principale : sur le mur pignon en vallée de Baigorri et au Labourd ; sur le mur gouttereau en Soule, Ostibarret et Cize. La façade est plus large que haute. Les fenêtres sont rares : seules de petites ouvertures destinées à la ventilation et au tirage des fumées ont été percées. Au dessus du foyer, la partie haute du pignon est laissée ouverte ; dans les murs goutteraux (Cize, Baigorri, Labourd) ou bien dans la toiture (Ostibarret, Soule) existent également une ouverture.

Les charpentes en Soule et Ostibarret où le bois est largement présent, sont marquées par « la présence d’un cadre de trois poutres transversales reliant les pannes sablières et divisant la cabane en deux parties (couchage-foyer et saloir), la présence d’un poinçon et d’un dispositif de triangulation. » La couverture est en bardeaux taillés à la hache. Tandis qu’en vallée de Baigorri et au Labourd, les charpentes ne sont pas triangulées mais constituées de pannes et de chevrons taillés. Elles ont de faibles pentes et sont couvertes de lauzes ou de tuiles. Cependant aujourd’hui, la tôle ondulée a tendance à remplacer bardeaux, tuiles et lauzes.

 

Le cayolar se compose d’une pièce unique dans la majorité des cas. Cependant, on peut trouver en Soule, Ostibarret et Cize une pièce supplémentaire accolée à la cabane : c’est le saloir.

L’agencement intérieur de la cabane de berger répond à des besoins bien spécifiques :

-         le foyer qui sert à la fabrication du fromage et des repas, à se chauffer ;

-         le bas-flanc (le couchage) qui permet le repos ;

-         le saloir, lieu de stockage et d’affinage des fromages.

De plus, d’autres petits aménagements intérieurs sont réalisés en bois : niches, bancs, étagères, crémaillère… Ils démontrent l’inventivité et le pouvoir d’adaptation des bergers.

Les enclos, parcs de contention et lieux de traite, sont réalisés en pierres sèches ou bien avec des barrières mobiles en utilisant toutes les particularités du terrain comme la pente, les éventuels rochers… qui leur donnent toutes sortes de formes. Parfois, le sol est dallé (Harpeko bordak-Cize).

En soule, un cayolar est divisé en parts ou txotx appartenants à des proriétaires différents, tandis qu'en cize, un etxola est associé à un seul propriétaire.

Histoire de l'organisation souletine:

Le système social reposait sur la présence simultanée de six bergers. Chacun avait une tâche journalière particulière pendant six jours, le septième jour étant le jour de repos.

Il est important de préciser les différents rôles observés alors :

-         etxekandere (maîtresse de maison) fabriquait le fromage et s’acquittait des tâches ménagères ;

-         neskato (servante) aidait à la fabrication du fromage et aux tâches domestiques ;

-         axurzain gardait les agneaux ;

-         antxuzain gardait les moutons et brebis non laitières ;

-         artzain mutil (valet du berger) aidait à la garde du troupeau et au ramassage des bêtes en fin de journée ;

-         artzain nausi (maître berger) rassemblait les bêtes et effectuait la traite.


ENJEUX

Ces quinze dernières années, des investissements importants ont été fait dans l'outil pastoral et en particulier le cayolar, pour améliorer les conditions de vie des bergers et moderniser ces cabanes en estive (électricité, eau etc.).

Malgré tout, certaines cabanes et granges qui ne sont plus utilisées pour l'activité pastorale, se dégradent. Sans perspective de vocation agricole possible, certaines d'entres elles sont rénovées pour préserver ce patrimoine bâti, et parfois pour servir de refuge aux randonneurs.

 

POUR EN SAVOIR PLUS…

-         Le cercle des montagnes, une communauté pastorale basque , Sandra Ott – Editions du CTHS - 1993

-         Montagnes et civilisation basques, Claude Dendaletche – Editions Denoël – 1978

-         L’art de bâtir les cabanes pastorales dans les Pyrénées, Hautes vallées du Béarn et du Pays Basque, Régis Rangassamy, architecte DPLG et Jean-Pierre Izans, chargé de mission – Editions Parc national des Pyrénées – 2001


FICHES LEES


Rubrique "usages et activités" :  Le patrimoine culturel de la montagne basque

Rubrique "usages et activités" : Le patrimoine naturel

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